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La configuration des produits serait elle seulement un problème informatique ? Certainement pas.

configurateurUn configurateur dans un cadre industriel sert d'interface entre l'expression du besoin client et les besoins en production. Le système propose un cheminement de choix successifs pour :
- élaborer les données techniques du produit configuré (Nomenclatures/Gammes)
- élaborer les textes pour la description du produit
- constituer les prix de vente et de revient

Le configurateur permet d'élaborer des produits personnalisés sans intervention du BE. L’objectif est d’améliorer la productivité administrative: temps de traitement de la commande minimisé et élaboration technique du produit fini immédiate. Le délai global de livraison est réduit : pas d'étude et transmission immédiate des infos à la fabrication.

Quels sont les risques liés au système de configurateur ?

Le premier risque est d’avoir un produit mal configuré et donc de mal servir le client : impossibilités techniques, ruptures de stocks (les besoins en composants ne sont pas correctement définis), reprise des produits et des données en production.

D’autre part, si le configurateur est mal conçu, il y a des risques d’avoir un système qui peut difficilement évoluer avec les nouvelles gammes, ne permettant pas de définir facilement le produit adapté au besoin client. Certains systèmes sont tellement complexes qu’on ne peut pas assurer la validité des modifications.

Variantes, options, modèle standards, compatibilité, de quoi parle t’on ?

Techniquement :

Une variante = un choix obligatoire

Une option = quelque chose qui se rajoute sans interaction sur les autres variantes et options choisies

Commercialement, on parle rarement de variante. On part souvent d’un « standard » auquel on vient ajouter (ou retrancher) des « options », par exemple :

Le commercial propose une option payante pour une peinture métallisée et encore une plus-value pour  une couleur nacrée. En fait, techniquement, la peinture choisie est une « variante » car nous sommes en présence d’un choix obligatoire (un constructeur propose toujours une voiture peinte !)

Dans cet exemple, le standard commercial à partir duquel sont calculés le prix des « options » est une peinture ni métallisée, ni nacrée.

Le paramétrage du configurateur

Le paramétrage est souvent difficile sur un produit existant :

–  certains choix peuvent influer sur les autres

–  certains choix ne sont pas compatibles entre eux

–  certaines options, qui sont normalement de simples ajouts au produit, ne sont pas combinables

–  il faut gérer de nombreux "chemins" interdits (combinaisons interdites)

–  il faut gérer des interactions entre nomenclatures

–  le prix de revient de chaque option et variante varie en fonction de la combinaison des choix

Des erreurs sont donc presque "obligatoires". Elles sont corrigées au fil du temps, soit directement au sein du configurateur, soit manuellement, en fin de configuration avec l’intervention d’un « expert » produit. Bon an mal an, ça tourne … on en prend l’habitude, …

Mais qu'arrive-t-il quand le produit évolue ?  Généralement l’entreprise passe beaucoup de temps pour retrouver le détail de ce qui a été conçu et repasse par une période avec des erreurs…

Comment gérer dans le temps ?

Il faut simplifier au maximum pour que le système puisse être maintenu et documenté  comme  par exemple, ne pas dépasser 5 chemins interdits, ne pas dépasser 10 niveaux de choix successifs. Cela passe parfois par une revue de la conception du produit au niveau du BE mais le travail est cependant ciblé. Il faut aussi supprimer les interactions dans les nomenclatures entre variantes et options ou entre options.

En utilisant la méthode de réduction de l'influence d'un choix sur un autre, on facilite le calcul des prix de revient  car chaque variante/option a un prix qui ne dépend pas des autres. Le service commercial peut extraire le coût des "options" commerciales.

Comment paramétrer et codifier les articles configurés ?

Beaucoup de facteurs rentrent en ligne de compte : besoin en statistiques,  modification de la nomenclature après la configuration, cas de demande spécifique, articles de remplacement, gamme de sous-traitance, SAV,…

Dans tous les cas, le système doit être complètement documenté afin de retrouver la construction en cas de modification et d'assurer que l'on peut tout écrire, gage de simplicité. Il faudra donc définir des règles de paramétrage des articles configurés, la description des variantes et options, les tableaux de formules et de calculs, les règles pour regrouper les  "paquets nomenclatures/gammes"

Comment gérer les tarifs de vente ?

Généralement, le tarif s'appuie sur une configuration standard, notion qui n'existe pas dans le configurateur. Pour établir les tarifs, on peut utiliser les prix de revient calculés sur chaque variante et option, en calculant les différences entre les variantes et options standard "commerciales" et chaque variante/option. Cette opération est grandement simplifiée si on a pris soin d'éliminer au maximum les interactions entre variantes/options

Quels outils de configuration utiliser ?

Configurateur complètement intégré à l'ERP

La constitution des données techniques du PF est établie lors de la prise de commande. Toutes les fonctions de suivi des commandes et des fabrications restent intégrées au système, comme les commandes normales. Pas besoin d'expert pour constituer les données techniques. … mais au moment du choix de l'ERP, cette fonction n'était peut-être pas au goût du jour!

Création d'articles variantes/options

Dans la GPAO, on crée des articles variantes/options "fantôme" dont les nomenclatures correspondent aux diverses variantes et options. On constitue la nomenclature de l'article PF avec les articles variantes/options. Dans ce cas il est nécessaire de reprendre la commande client par un expert pour la création de la nomenclature et de la gamme de fabrication. Cette solution est applicable uniquement dans les cas de configuration de produit "simples".

Tableur type Excel

La construction du configurateur est établie dans un tableur. Cette solution nécessite une interface des données entre le tableur et la GPAO (liste des articles et nomenclatures).De plus il faut une surveillance de la cohérence des données entre le tableur et la GPAO. Cette solution reste très efficace, même dans des situations complexes.

Trop souvent pris comme un simple problème informatique, le configurateur est un outil  impliquant des choix commerciaux et industriels. C’est donc le processus global qui doit être bien défini si l’on veut bien servir ses clients.

Claude PERRUSSEL,  BELIER ASSOCIES, publié en janvier 2013

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