Le blog

S’adapter à la variabilité de la demande

Les bonnes pratiques nous enseignent qu’il faut lisser les flux afin de stabiliser les processus et rester dans les meilleures conditions de fonctionnement. C’est un travail qui se fait très en amont avec les clients.

Mais comment faire lorsque l’on est une PME face à des gros donneurs d’ordres qui imposent leurs à coups ?

Il faut bien trouver des solutions pour faire face à une demande client qui est actuellement de plus en plus variable et imprévisible.

La palette des solutions possibles est bien connue :

-          Utiliser les stocks et les flux tirés pour lisser l’activité

-          Heures supplémentaires

-          Modulation horaire

-          Personnel temporaire

-          Outsourcing, sous traitance

  … mais ces réponses génèrent souvent des surcouts.

Comment répondre à la variabilité de la demande sans surcouts, en conservant la qualité et la productivité ?

Le premier moyen utilisable est le stock, pour répondre aux faibles variations de charges. Et le moyen le plus simple pour utiliser ce stock et le maitriser est de fonctionner en « flux tiré » :

  • Car cela conduit naturellement à aborder le dimensionnement des stocks « en flux », c'est-à-dire avec une vision globale des quantités par période et des choix de mini maxi exprimés en jours de couverture 
  •  Et le flux tiré permet également un lissage de l’activité.

Ces avantages sont ceux du kanban bien compris.

Pour prendre les décisions de stocks, il est nécessaire de disposer d’un processus PIC (Plan Industriel et Commercial) efficace.

 

Lorsque les variations de charge deviennent plus importantes, c’est la construction d’un systèmeflexible qui permettra d’absorber les variations d’activité en conservant la qualité et la productivité.

Le premier levier est l’annualisation du temps de travail. Ensuite, pour aller au-delà, il faut pouvoir :

  • réaffecter rapidement et économiquement les personnels sur les postes de travail
  • intégrer rapidement et économiquement des personnels temporaires

Mettre en œuvre la flexibilité nécessite organisation des postes de travail, définition des modes opératoires (support de formation, identification des compétences), formation, polyvalence, et bien sûr, maitrise de la chaine d’approvisionnement.

  • organisation des postes de travail : lisibilité, clarté, fonctionnement structuré (des standards formalisés) et amélioration continue pour prévenir les dérives. La flexibilité demande une grande rigueur ! l’outil technique et managérial est le 5S
  • définition des modes opératoires pour : garantir la reproductibilité (qualité, temps), la formation des nouveaux arrivants, la maitrise de la polyvalence et la gestion des compétences. L’outil dépasse les« modes opératoires », ce sont des standards de travail au sens du lean:
    • Le standard sur les entrées, les processus et le travail du personnel et des machines de manière à pouvoir clairement définir le résultat escompté 
    • L’existence du référentiel (les standards) permet de détecter les écarts (problèmes)
    • Ils sont établis avec (par) les opérateurs
  • formation et polyvalence, pour : pouvoir réaffecter instantanément les personnels sur les postes, pouvoir intégrer rapidement des nouveaux arrivants. L’outil de la gestion de la polyvalence est la grille de polyvalence, à afficher bien entendu : il faut lever les non dits ! cela crée une obligation de rigueur : quelles compétences, quels métiers, quels niveaux et quels critères d’évaluation ?
  • maitrise de la chaine d’approvisionnement : quels sont les lead time (qui guident les temps de réponse aux variations), à quel endroit faut il placer des stocks intermédiaires, et à quel niveau ? Là encore, c’est le processus PIC qui permettra la prise de décision à travers les politiques de stock et de délai commercial.

Organisation des postes de travail, standards de fonctionnement, amélioration continue sur le terrain, polyvalence, flux lissé et tiré, chaine d’approvisionnement sous contrôle … 

Tout cela peut paraître bien compliqué pour un seul enjeu de flexibilité ; mais en fait, c’est le contraire : toutes ces solutions sont celles de l’excellence opérationnelle.

L’entreprise qui met en œuvre les solutions d’organisation de l’excellence opérationnelle développera également sa flexibilité sans effort supplémentaire.  

Et l’entreprise qui se lancerait dans un tel programme avec l’objectif de développer sa flexibilité verrait son efficacité opérationnelle s’améliorer en même temps. 

 

Denis de BOISSIEU, BELIER ASSOCIES, publié janvier 201

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir